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Miceal O'Griafa est de partout et nous, on voudrait bien qu’il y retourne...

Samedi  5 janvier. Le téléphone retentit dans le confort ouaté et surchauffé (avec vos sous, bravo !) des luxueux nouveaux bureaux Sandawe (toujours avec vos sous) à Nivelles. En robe de chambre matelassée brodée à ses armoiries et doublée de velours pourpre cardinale, Philippe B, notre concierge-directeur financier, s’allume son premier Davidoff de la journée (eh oui... avec le pognon de qui ?) ! 

Oui, Philippe, avec son abnégation toute jésuitique et baden-powellesque a accepté d’occuper gratuitement le loft de 360 m2 qui surplombe nos entrepôts. Bref, à l’autre bout du fil une voix inconnue l’interpelle dans une langue gutturale et chantante, comme si un Néerlandais parlait dans sa langue natale, mais avec un accent méridional prononcé.  

Un certain Miceal O’Griafa lui annonce sa venue, le lendemain. Miceal O’Griafa ? Après lui avoir conseillé de soigner ce gros rhume et souhaité un prompt rétablissement, Philippe s’apprête à raccrocher quand, il a un éclair de lucidité (non, ça c’est pas avec vos sous). Un nom imprononçable ?  Bon sang ! Mais c’est bien sûr !  C’est sûrement un contrôle fiscal ! Ou pire, un auteur étranger qui vient mettre son sale nez de fouine dans nos comptes. Pas un centime ! Rien ! Il n’aura rien ! 

Le temps de cacher les signes extérieurs de riches par trop ostentatoires (et dieu sait s’il y en a chez Sandawe ! Et tout ça sur le dos des auteurs !... oui aussi avec vos sous, mais surtout sur le dos des auteurs, ça) et le mystérieux gêneur s’exprimant par borborygmes est là ! Il est encore plus effrayant en vrai qu’au téléphone. 

C’est alors qu’il explique qu’il est auteur du « Baiser de l’orchidée » et qu’il est venu signer les albums. Flairant le piège, Philippe B. démasque le félon. Ah, ah, il est déjà venu la semaine passée ! Et vous, passez votre chemin, usurpateur ! Ce n’est qu’en présentant plusieurs de ses multiples passeports que Miceal a fini par convaincre notre cerbère que « lui il était scénariste et qu’il fallait le laisser entrer, s’il vous plaît bien, noble vieillard ». Mais vite, hein ! De toute façon, tout le monde s’en fout du scénariste. Ce qu’ils veulent c’est un joli dessin ! 

Je t’en fiche, oui ! Il vous a pondu à chacun, une véritable lettre personnelle de sa main ! 180 ! Une semaine qu’il est là et il refuse de rentrer chez lui, en Irlande. Non, au Chili, non, au Canada, euh... en Corse ? Enfin, si l’un d’entre vous doit se rendre dans l’une de ces destinations ou dans un pays limitrophe... ou simplement être assez aimable pour venir nous en débarrasser, ce sera avec plaisir. Parce qu’il écrit en chantant... Ouais. Et en gaélique, en plus ! Ça va mal finir !